Coureurs : Bien préparer le Marathon International de la Côte d'Amour

Préparer le Marathon de la Côte d'Amour (La Baule) : le guide complet

Par Seven — Fondateur de 7Running · Coureur, 10 km en 36'58'' 22 septembre 2026 8 min de lecture

Le Marathon de la Côte d'Amour, c'est un rendez-vous à part sur le calendrier français. Pour sa 3e édition, le 8 novembre 2026, tu cours au départ de La Baule sur ce que les organisateurs présentent comme le parcours le plus rapide de France : ultra roulant, à peine 97 m de dénivelé, entre océan et côte sauvage. Un vrai terrain à chrono. Voici comment le préparer.

Combien de temps pour se préparer

12 à 16 semaines selon ton objectif et ton point de départ. Si tu as déjà une base de course régulière, 12 semaines suffisent pour affûter. Si tu repars de plus loin, vise 16 semaines pour construire le volume sans te blesser. Pour voir à quoi ressemble une trame longue, jette un oeil au plan marathon sur 16 semaines et au guide complet de préparation marathon.

Tu débutes sur la distance et le temps est court ? C'est jouable, mais avec méthode : lis d'abord un marathon en 6 mois, c'est possible ? avant de te lancer.

Quel objectif viser

Avant de courir le moindre kilomètre, fixe une cible réaliste. Elle va conditionner tes allures d'entraînement, ton volume et ta stratégie de course. Voici les repères pour les objectifs les plus courants.

Chrono Allure/km Vitesse
3h30 4:59/km 12,1 km/h
4h00 5:41/km 10,5 km/h
4h30 6:24/km 9,4 km/h
5h00 7:07/km 8,4 km/h

Comment savoir où tu te situes ? Pars de tes courses récentes. Un bon indicateur : multiplie ton temps sur 10 km par environ 4,7, ou ton temps sur semi par environ 2,1. Tu obtiens une estimation honnête de ton potentiel marathon. Pour affiner, appuie-toi sur le tableau des allures marathon et sur la méthode de calcul de ton allure marathon.

Une fois ta cible posée, choisis le plan qui colle à ton niveau : le plan marathon débutant si tu découvres la distance, ou un plan pour viser sous les 4h si tu chasses le chrono.

Les 4 piliers d'une prépa marathon

Un marathon ne se gagne pas sur une seule séance magique. Il se construit sur quatre piliers qui se répondent. Néglige-en un, et le mur arrive plus tôt.

  1. Endurance fondamentale : 70 à 80 % de ton volume, à allure facile, en aisance respiratoire. C'est la base qui tient tout le reste. Elle développe ton coeur, tes capillaires et ta capacité à brûler les graisses. Si tu cours toutes tes sorties trop vite, tu stagnes. Pour bien caler cette allure, lis notre guide sur l'endurance fondamentale.
  2. Sortie longue : jusqu'à 28-32 km, à utiliser aussi comme test grandeur nature de ta nutrition et de ton matériel. C'est là que ton corps apprend à durer. Monte la distance progressivement, jamais plus de 2 à 3 km d'un coup. Tous nos repères sont dans le guide de la sortie longue.
  3. Allure spécifique marathon : des portions courues exactement à l'allure que tu vises le jour J. Ton corps doit la connaître par coeur pour la tenir sans y penser. Intègre ces blocs dans tes sorties longues à mesure que la course approche.
  4. Seuil et VMA : des blocs de 8 à 20 min au seuil pour repousser le mur, et un peu de fractionné pour garder du tonus. Le travail au seuil est le meilleur ami du marathonien. Teste ta VMA en début de préparation : elle sert à calibrer toutes tes séances rapides.

Ta prépa, bloc par bloc

Une bonne préparation avance par blocs, chacun avec un rôle précis. Voici la logique sur 16 semaines, à comprimer sur 12 si ta base est déjà solide.

Phase Semaines Objectif Focus
Fondation 1 à 4 Construire le volume Endurance fondamentale, montée progressive du kilométrage
Développement 5 à 10 Élever le moteur Seuil, premières allures spécifiques, sorties longues qui montent
Spécifique 11 à 13 Ancrer l'allure course Blocs à allure marathon, sortie longue la plus dure
Affûtage 14 à 16 Arriver frais Volume réduit, intensité maintenue, récupération

Combien de kilomètres par semaine ? Ça dépend de ta cible et de ton passé de coureur. En pratique, le volume monte par paliers d'une phase à l'autre, puis chute pendant l'affûtage. Mieux vaut une charge régulière et bien encaissée que des pics isolés qui te cassent.

Une semaine type

Trois à quatre séances suffisent. La régularité paie toujours plus que les grosses semaines isolées. Voici une trame de base à adapter à ton emploi du temps.

Jour Séance Détail
Mardi Qualité Seuil ou VMA selon la phase
Jeudi Footing Endurance facile + quelques lignes droites
Samedi Repos ou court Récupération ou footing léger
Dimanche Sortie longue Distance qui monte, parfois avec bloc à allure marathon

Garde toujours au moins un jour de repos complet. C'est pendant le repos que la progression se fixe, pas pendant l'effort.

Nutrition et hydratation

La nutrition, c'est le cinquième pilier, celui qu'on oublie trop souvent. Un marathon bien entraîné peut se saboter sur un ravitaillement mal géré.

À l'entraînement, apprends à manger en courant. Sur tes sorties longues, teste tes gels, tes barres ou ta boisson d'effort. Vise 30 à 60 g de glucides par heure au-delà de 90 min d'effort. Ton estomac s'éduque comme tes jambes : rien ne s'improvise le jour J. Tous les détails sont dans notre guide alimentation et marathon.

La semaine de course, augmente doucement ta part de glucides pour remplir tes réserves. La veille, mise sur un repas riche en féculents, simple, digeste, sans excès et sans nouveauté : on t'explique quoi manger la veille de course. Le matin, prends ton petit-déjeuner 3h avant le départ, puis hydrate-toi par petites gorgées. Pendant la course, bois à chaque ravitaillement, même sans grande soif.

Les erreurs à éviter

Les mêmes pièges reviennent course après course. Les connaître, c'est déjà les éviter.

  • Partir trop vite. L'erreur numéro un, surtout sur un parcours roulant. Ton allure des 10 premiers kilomètres doit te sembler facile.
  • Négliger l'endurance fondamentale. Courir tous ses footings trop vite épuise sans faire progresser.
  • Tester du neuf le jour J. Nouvelle paire, nouveau gel, nouveau petit-déjeuner : à bannir. Tout se valide à l'entraînement.
  • Zapper l'affûtage. Rajouter du volume la dernière semaine par peur d'en manquer. C'est l'inverse qu'il faut faire.
  • Sauter les ravitaillements. Le déficit se creuse en silence et frappe après le 30e.

Spécial La Baule : un parcours à courir intelligemment

Le parcours est roulant et rapide, il traverse Le Pouliguen, Guérande, Le Croisic et Batz-sur-mer avant de revenir sur le remblai de La Baule. C'est justement là le piège : sur un tracé aussi facile, on part trop vite et on le paie après le 30e. Verrouille ton allure dès les premiers kilomètres. Tu accéléreras sur la fin si les jambes suivent. En bord de mer, le vent peut se lever : reste protégé dans un groupe quand tu le peux. Ravitaille tôt, et teste ta nutrition à l'entraînement, jamais le jour J.

Ta stratégie de course, concrètement : découpe le marathon en trois tiers. Sur les 15 premiers kilomètres, tiens-toi 2 à 3 secondes par kilomètre en dessous de ton allure cible, sans forcer. Au milieu, verrouille pile sur ton allure marathon, celle que tu as répétée à l'entraînement. Sur le dernier tiers, donne ce qu'il te reste. Le retour sur le remblai de La Baule est le moment pour lâcher les chevaux si les sensations sont bonnes. Profite du profil plat pour installer une foulée régulière et économe, plutôt que de multiplier les accélérations qui coûtent cher.

Les 3 dernières semaines : l'affûtage

C'est la phase qui fait ou défait ton marathon. Tu réduis ton volume de 30 à 50 %, tout en gardant un peu d'intensité pour rester vif. L'idée n'est pas de te reposer complètement, mais de laisser la fatigue redescendre pendant que la forme remonte. Tu gardes donc de courtes touches à allure spécifique, juste pour ne pas t'endormir.

Tu dors plus. Tu résistes à l'envie d'en rajouter : le travail est déjà fait, il ne s'agit plus que de le laisser remonter. C'est normal de se sentir un peu lourd ou impatient en plein affûtage, tout le monde passe par là. Les derniers jours, allège encore, hydrate-toi, prépare ton sac et ta tenue à l'avance. Pour ne rien laisser au hasard sur cette période clé, suis notre guide dédié à l'affûtage marathon.

Le jour J : ta check-list

Le matin de la course, la routine prime sur l'improvisation. Voici de quoi partir l'esprit tranquille.

  • Petit-déjeuner testé, pris environ 3h avant le départ.
  • Tenue et chaussures déjà éprouvées à l'entraînement, dossard épinglé la veille.
  • Gels et ravitaillement personnel répartis sur toi, plan de prise en tête.
  • Échauffement léger, quelques lignes droites, puis mise en place dans le bon sas.
  • Allure des premiers kilomètres bridée, montre calée sur ta cible.
  • Plan de ravitaillement clair : boire à chaque poste, manger avant d'avoir faim.

Le reste, tu l'as construit semaine après semaine. Le jour J, tu ne fais que dérouler.

On se retrouve sur le remblai, avec le goût de sel et l'océan à côté. Cours-le intelligemment, et savoure chaque kilomètre de la Côte d'Amour.