Coureurs : Bien préparer le Marathon d'Avignon

Préparer le Marathon d'Avignon : le guide complet

Par Seven — Fondateur de 7Running · Coureur, 10 km en 36'58'' 22 septembre 2026 9 min de lecture

Fin février 2027, Avignon accueille la 2e édition de son marathon. Un parcours qui traverse la cité des Papes avant de filer vers l'Île de la Barthelasse, plat et roulant, taillé pour aller chercher un chrono. Que ce soit ton premier marathon ou ton prochain record, voici comment arriver prêt sur la ligne de départ. Il y a aussi un semi le même jour, mais ici on parle des 42,195 km.

Combien de temps pour se préparer

Compte 12 à 16 semaines de préparation structurée. La course est fin février 2027, donc en lançant ta prépa maintenant tu as tout le temps de construire les choses proprement. Si tu pars de loin, garde d'abord quelques semaines pour poser une base d'endurance avant d'attaquer le vrai bloc marathon. Un marathon ne se prépare pas dans l'urgence. Il se construit brique par brique.

Cette durée n'est pas un hasard. Ton coeur et tes muscles s'adaptent vite, mais tes tendons, tes articulations et tes réserves d'énergie ont besoin de semaines pour encaisser la charge. Si tu veux le détail de la construction semaine par semaine, notre guide complet de la préparation marathon et notre plan marathon sur 16 semaines posent les bases. Tu es un peu juste dans le calendrier ? On répond à la question dans le marathon en 6 mois, est-ce jouable.

Quel objectif viser

Avant de courir, fixe une cible. Elle va conditionner tes allures d'entraînement, ton volume et ta gestion de course. Voici les repères pour les objectifs les plus courants sur marathon.

Chrono visé Allure au km Vitesse
3h30 4:59/km 12,1 km/h
4h00 5:41/km 10,5 km/h
4h30 6:24/km 9,4 km/h
5h00 7:07/km 8,4 km/h

Pour estimer ta cible, ne pars pas d'une envie mais d'un chrono récent. Une course de 10 km ou un semi te donnent une base fiable. En gros, ton allure marathon se situe un peu plus lentement que ton allure semi actuelle. Tu peux affiner ça avec notre méthode de calcul de l'allure marathon et le tableau des allures marathon. Pour te situer par rapport aux autres, jette un oeil au temps moyen sur marathon selon l'âge et à la vitesse moyenne en course à pied.

Une fois ta cible posée, prends le plan qui va avec. Pour un premier marathon, commence par le plan marathon débutant. Ensuite, cale-toi sur ton objectif : sub 5h, sub 4h30, sub 4h, sub 3h45, sub 3h30 ou sub 3h.

Les 4 piliers

L'endurance fondamentale d'abord. C'est 70 à 80 % de ton volume, courue à une allure où tu peux tenir une conversation. C'est là que ton corps apprend à durer, à mieux utiliser les graisses et à repousser la fatigue. Beaucoup de coureurs roulent trop vite sur ces sorties et passent à côté de l'essentiel. On t'explique pourquoi dans notre article sur l'endurance fondamentale.

La sortie longue ensuite. Le rendez-vous du week-end, que tu allonges progressivement jusqu'à 28 à 32 km. C'est ta répétition générale : elle prépare ta tête autant que tes jambes. Pour bien la doser, lis nos conseils sur la sortie longue.

L'allure spécifique marathon. Sur certaines sorties longues, tu intègres des portions à ton allure objectif du jour J. Tes jambes mémorisent le rythme, ta tête aussi. C'est ce qui fait la différence entre subir la distance et la maîtriser.

Le seuil enfin. Des efforts soutenus mais contrôlés, autour de ton allure semi, qui repoussent le moment où tu commences à accumuler la fatigue. Pour comprendre cette zone clé, va voir notre guide du seuil en course à pied. Et pour travailler ta vitesse de base, appuie-toi sur les séances de fractionné pour le marathon, en gardant en tête comment calculer ta VMA.

Ta prépa, bloc par bloc

Une bonne préparation ne monte pas en ligne droite. Elle avance par blocs, chacun avec un objectif clair.

Phase Durée Objectif
Fondation 3 à 4 semaines Poser le volume, revenir à l'endurance, habituer le corps
Développement 4 à 5 semaines Monter le kilométrage, installer seuil et allure marathon
Spécifique 3 à 4 semaines Sorties longues avec blocs à allure course, pic de charge
Affûtage 3 semaines Réduire le volume, garder l'intensité, arriver frais

Le kilométrage hebdo dépend de ta cible et de ton passé de coureur. À titre indicatif, on détaille combien courir dans combien de km par semaine pour viser sub 4h et combien de km par semaine pour viser sub 3h30. La règle qui vaut pour tous : tu augmentes progressivement, jamais par bonds brutaux.

Une semaine type

Trois à quatre sorties par semaine suffisent pour la plupart des coureurs. L'idée n'est pas d'en faire plus, mais de faire les bonnes choses au bon moment, avec des jours de repos qui comptent autant que les séances.

Jour Séance
Lundi Repos
Mardi Qualité : seuil ou VMA
Mercredi Repos ou footing très souple
Jeudi Footing endurance + quelques lignes droites
Vendredi Repos
Samedi Repos complet ou footing court
Dimanche Sortie longue, parfois avec blocs à allure marathon

Si tu veux structurer tes séances de vitesse, notre guide VMA et fractionné te donne des formats prêts à l'emploi.

Nutrition et hydratation

Ta prépa se joue aussi dans l'assiette. Au quotidien, mange varié, ne coupe pas les glucides, et soigne ta récupération après les grosses séances. Sur le marathon, ton corps ne peut pas stocker assez d'énergie pour tenir 42 km sans se ravitailler. C'est pour ça que tu t'entraînes à manger en courant.

La règle d'or : rien ne s'improvise le jour J. Teste ta stratégie de ravitaillement à l'entraînement, sur tes sorties longues, avec les gels ou les boissons que tu prendras en course. Vise un apport régulier en glucides toutes les 30 à 45 minutes une fois lancé, et bois par petites gorgées sans attendre d'avoir soif. Pour construire ta stratégie, appuie-toi sur nos guides : l'alimentation du marathon, quoi manger pendant un marathon et quoi manger la veille de la course.

Les erreurs à éviter

Elles reviennent chez presque tous les coureurs. Les connaître, c'est déjà les éviter.

Partir trop vite. C'est l'erreur numéro un, surtout sur un parcours plat comme Avignon. Les jambes sont fraîches, l'ambiance porte, et tu paies l'addition au 30e kilomètre.

Rouler trop vite en endurance. Si tes footings tranquilles ressemblent à des séances, tu accumules de la fatigue sans progresser. L'endurance se court lentement, c'est le principe.

Sauter l'affûtage. Vouloir rassurer sa forme en enchaînant les grosses séances la dernière semaine ne rapporte rien et coûte cher.

Négliger la récupération. Le sommeil et les jours de repos font partie de l'entraînement. C'est pendant le repos que ton corps encaisse le travail.

Tester du neuf le jour J. Nouvelles chaussures, nouveau gel, nouveau petit-déjeuner : tout doit être validé à l'entraînement.

Spécial Avignon : courir intelligemment

Le parcours d'Avignon est plat et roulant, avec un dénivelé annoncé autour de 80 m sur le marathon. C'est une bonne nouvelle et un piège à la fois. Bonne nouvelle, parce que c'est un profil qui pardonne et où un beau chrono est possible. Piège, parce que sur du plat rien ne te force à ralentir : c'est à toi de tenir ton allure au frein sur la première moitié.

La règle d'or sur un marathon plat : pars plus lentement que ce que tes jambes fraîches réclament. Le départ se fait devant la Gare Centre, tu traverses le coeur de la ville, tu passes devant le Palais des Papes, les remparts, l'Hôtel de Ville, l'Opéra et le Pont d'Avignon. Profite de ces premiers kilomètres pour te caler dans ton rythme. Le vrai marathon commence au 30e kilomètre, sur l'Île de la Barthelasse.

Côté nutrition, rien ne s'improvise le jour J. Teste ta stratégie de ravitaillement à l'entraînement, sur tes sorties longues. Un dernier point sur la Provence fin février : il peut faire frais au départ et le vent peut se lever le long du Rhône. Prépare une tenue en conséquence et habitue-toi à courir par temps frais et venté à l'entraînement. Prévois une couche que tu peux retirer sur les premiers kilomètres, et pense à te protéger un peu au départ si l'attente est longue.

Les 3 dernières semaines : l'affûtage

Sur les trois dernières semaines, tu réduis ton volume de 30 à 50 %, progressivement, tout en gardant un peu d'intensité pour rester affûté. Tu ne gagnes plus rien à t'entraîner dur si près du jour J, mais tu peux tout perdre en arrivant cramé. Le reste de ton énergie, tu le mets dans le sommeil et la récupération.

Concrètement, tu gardes des séances courtes à allure marathon pour ne pas perdre le rythme, mais tu raccourcis les distances. Tu peux avoir des jambes bizarres pendant cette phase, un peu lourdes ou trop légères : c'est normal, c'est le signe que ton corps se recharge. On détaille tout dans notre guide de l'affûtage marathon.

Le jour J : ta check-list

Tout est prêt. Il ne reste plus qu'à dérouler. Voici les points à cocher pour ne rien laisser au hasard.

  • La veille : repas riche en glucides, simple et déjà testé. Tu prépares tenue, dossard et ravitaillements le soir.
  • Le matin : petit-déjeuner pris 3 heures avant le départ, celui que tu connais.
  • Au départ : une couche que tu peux retirer, à cause du frais possible en Provence.
  • Les 10 premiers km : tu pars au frein, tu te cales dans ton allure au milieu des monuments.
  • Le ravitaillement : tu manges et tu bois régulièrement, sans attendre le coup de moins bien.
  • Le 30e km : c'est là que la course commence vraiment, sur l'Île de la Barthelasse. Tu restes concentré sur ton allure.
  • L'arrivée : tu vas chercher la ligne entre le Palais des Papes et les rives du Rhône.

Rendez-vous fin février, entre le Palais des Papes et les rives du Rhône.