Bien préparer le Marathon du Golfe de Saint-Tropez
Le rendez-vous est posé : dimanche 14 mars 2027, pour la 7e édition. Un vrai marathon de bord de mer, qui relie Sainte-Maxime à Cavalaire-sur-Mer en longeant le golfe de Saint-Tropez. 42,195 km entre mer, vignobles et collines. C'est une belle course, et elle se mérite. Voici comment t'y prendre pour arriver prêt le jour J.
Une chose à avoir en tête dès maintenant : ce marathon n'est pas plat. Le parcours est vallonné, avec une vraie bosse vers la fin. Ça change la façon de s'entraîner. On ne prépare pas un tracé de collines comme on prépare un marathon roulant. On va donc travailler ton endurance, ta vitesse, mais aussi tes jambes en côte.
Combien de temps pour se préparer
Compte 12 à 16 semaines de préparation dédiée pour un marathon. La course est mi-mars 2027, donc tu as tout le temps de bâtir ça proprement. On pose d'abord du volume tranquille, puis on ajoute la vitesse spécifique, et on termine par l'affûtage. Rien ne se gagne dans la précipitation sur marathon.
Si tu pars de loin ou si c'est ton premier marathon, vise le haut de la fourchette. Seize semaines te laissent le temps de monter en charge sans te blesser. Pour aller plus loin sur la structure d'un cycle complet, garde sous le coude notre guide de préparation marathon et un exemple de plan marathon sur 16 semaines.
Quel objectif viser
Avant de choisir un chrono, sois honnête avec ton niveau actuel. Le meilleur juge, c'est une course récente. Multiplie ton temps sur 10 km par 4,7 environ, ou prends ton temps sur semi, double-le et ajoute 8 à 12 minutes. Tu obtiens une cible réaliste pour le marathon. Attention : sur un parcours vallonné comme celui du golfe, prévois quelques minutes de marge par rapport à un tracé plat.
Voici les allures qui correspondent aux objectifs les plus courants.
| Objectif | Allure au km | Vitesse |
|---|---|---|
| 3h30 | 4:59 | 12,1 km/h |
| 4h00 | 5:41 | 10,5 km/h |
| 4h30 | 6:24 | 9,4 km/h |
| 5h00 | 7:07 | 8,4 km/h |
Pour affiner ton allure cible et la traduire en temps de passage, jette un oeil au tableau des allures marathon et à notre méthode de calcul d'allure marathon. Selon la cible, tu peux caler ta préparation sur une trame précise, par exemple un plan pour viser 4h ou un plan pour viser 4h30.
Les 4 piliers
Une bonne préparation marathon tient sur quatre appuis. Aucun ne se néglige.
- L'endurance fondamentale : 70 à 80 % de ton volume en footing facile, celui où tu peux parler. C'est la base de tout, le socle qui te permet de tenir la distance. Si tu veux comprendre pourquoi elle prime, lis notre topo sur l'endurance fondamentale.
- La sortie longue : le rendez-vous du week-end, à faire monter progressivement jusqu'à 28 à 32 km. C'est là que ton corps apprend à durer, à puiser dans les graisses et à encaisser le temps passé debout. On détaille comment la construire dans notre guide de la sortie longue.
- L'allure spécifique marathon : des portions courues à ton allure cible, pour que ton corps la connaisse par coeur le jour J. Intègre ces blocs dans tes sorties longues à mesure que la course approche.
- Le seuil et le fractionné : ces séances un peu inconfortables qui repoussent le moment où les jambes se ferment. Alterne du travail au seuil et des séances de fractionné pensées pour le marathon.
Un mot sur les côtes, parce qu'ici elles font la différence. Sur un marathon vallonné, tu dois habituer tes cuisses à pousser en montée et à encaisser la descente. Ajoute une séance de fractionné en côte toutes les une à deux semaines pendant le gros du cycle. Ça renforce, ça économise ta foulée dans les bosses, et ça te prépare mentalement à la montée du Col de Collebasse. Cherche aussi des parcours de sortie longue avec du relief : mieux vaut découvrir le dénivelé à l'entraînement que le jour J.
Ta prépa, bloc par bloc
Un cycle marathon se lit comme une montée en charge, puis un relâchement. Voici la logique, phase par phase.
| Phase | Semaines | Objectif |
|---|---|---|
| Fondation | 1 à 4 | Reposer du volume facile, réhabituer le corps, premières côtes légères |
| Développement | 5 à 9 | Monter le kilométrage, installer seuil et fractionné, allonger la sortie longue |
| Spécifique | 10 à 13 | Courir des portions à l'allure marathon, sorties longues avec relief, pic de charge |
| Affûtage | 3 dernières | Baisser le volume, garder un peu d'intensité, arriver frais |
Cette trame vaut pour la plupart des coureurs. Si tu débutes sur la distance, appuie-toi sur un plan marathon pour débutant qui étale la progression en douceur.
Une semaine type
Voici à quoi ressemble une semaine du bloc central, une fois la base posée.
| Jour | Séance | Pourquoi |
|---|---|---|
| Mardi | Seuil, VMA ou côtes | Développer la vitesse et la résistance |
| Mercredi | Footing facile ou repos | Récupérer sans perdre le rythme |
| Jeudi | Footing facile + lignes droites | Entretenir la foulée, rester délié |
| Samedi | Footing court ou repos | Préparer les jambes pour le lendemain |
| Dimanche | Sortie longue | Le pilier de la semaine, l'endurance et le mental |
Le reste du temps, tu récupères. La récupération fait partie de l'entraînement, pas à côté. C'est pendant le repos que le corps encaisse le travail et progresse.
Nutrition et hydratation
Ton alimentation se travaille comme une séance. Au quotidien, mange assez de glucides pour tenir tes sorties, et ne coupe pas les protéines qui réparent les muscles. Sur les sorties longues au-delà d'1h15, entraîne-toi à prendre un gel ou une boisson glucidique. C'est le meilleur moyen de trouver ce que ton estomac tolère. Tout ça se prépare : on t'a détaillé le sujet dans notre guide sur l'alimentation autour du marathon.
La veille de la course, mise sur un repas riche en glucides, simple et sans excès. Rien d'expérimental, rien de trop gras. On te donne des idées concrètes dans notre article sur quoi manger la veille de course. Le jour J, bois régulièrement dès les premiers ravitaillements. Sur un bord de mer exposé au soleil et parfois au vent, l'hydratation n'est pas un détail.
Les erreurs à éviter
Quelques pièges reviennent course après course. Autant les connaître.
- Partir trop vite. Le début longe la mer et donne des ailes. C'est le meilleur moyen de payer cash après le 30e kilomètre.
- Négliger les côtes à l'entraînement. Sur ce parcours, des jambes qui n'ont jamais grimpé se ferment dans la bosse.
- Tester du nouveau le jour J. Nouveaux gels, nouvelles chaussures, nouveau petit-déjeuner : c'est le trio qui gâche une course.
- Sauter l'affûtage. Vouloir en faire plus dans les dernières semaines te fera arriver fatigué, pas plus fort.
- Sous-estimer la sortie longue. C'est elle qui te construit. Une préparation sans longues suffisantes ne tient pas la distance.
Spécial Golfe de Saint-Tropez : courir intelligemment
Le parcours relie Sainte-Maxime à Cavalaire-sur-Mer et traverse les communes du golfe : Grimaud, Cogolin, Gassin, Saint-Tropez, Ramatuelle, La Croix-Valmer. Bord de mer, vignes, collines et garrigue. Un décor magnifique, mais qui demande de la tête.
Gère ton allure. Le début longe la mer et donne envie de partir vite. Résiste. Un marathon se joue sur la seconde moitié, jamais sur la première. Prends de la marge sur la première partie, surtout dans les sections roulantes, pour garder du jus quand le relief arrive.
Prépare la bosse. Vers le 30e kilomètre, tu attaques la montée du Col de Collebasse. C'est le moment où le marathon devient dur pour tout le monde. Si tu as couru sage avant, tu la passeras bien. Raccourcis ta foulée, garde une cadence vive, et vise l'effort régulier plutôt qu'une allure fixe : dans une côte, on court à la sensation, pas au chrono. Entraîne-toi sur des parcours vallonnés pour ne pas la découvrir le jour J.
Soigne la descente qui suit. Après un col, les cuisses sont déjà entamées et la pente casse la foulée. Laisse-toi porter sans freiner brutalement, relâche les épaules, et repars sur ton rythme une fois à plat.
Teste ta nutrition. Bord de mer veut souvent dire soleil et parfois vent. Bois régulièrement, prends tes gels aux ravitaillements, et surtout : rien de nouveau le jour de la course.
L'affûtage : les 3 dernières semaines
On baisse le volume de 30 à 50 %, mais on garde un peu d'intensité pour rester affûté, pas endormi. Concrètement, tu gardes tes séances de qualité, mais tu les raccourcis, et tu réduis surtout la durée de tes footings et de ta dernière sortie longue. Tu vas te sentir bizarre, avec l'impression de ne pas en faire assez. C'est normal, et c'est bon signe.
Dors beaucoup, c'est là que le corps récupère du gros du travail. Surveille ton alimentation pour faire le plein de glucides sur les derniers jours. Évite toute nouveauté et toute grosse dépense d'énergie inutile. Tu arrives sur la ligne reposé, les jambes qui piaffent. Pour tout comprendre de cette phase souvent mal vécue, lis notre guide dédié à l'affûtage marathon.
Le jour J : ta check-list
Le matin de la course, tout doit être simple parce que tout a déjà été préparé.
- Petit-déjeuner testé à l'entraînement, pris 3 heures avant le départ.
- Tenue et chaussures déjà rodées, jamais neuves.
- Gels répartis et un plan de ravitaillement en tête : quand boire, quand t'alimenter.
- Un objectif d'allure pour la première moitié, volontairement prudent.
- La bosse du Col de Collebasse anticipée : tu sais qu'elle arrive vers le 30e, tu ne la subis pas.
- Départ maîtrisé : tu laisses filer ceux qui partent trop vite. Tu les reverras plus loin.
On se retrouve sur les routes du golfe le 14 mars 2027. La mer d'un côté, les vignes de l'autre. Prépare-le bien, et régale-toi.