Étude 7Running V2 : Coureurs vs Coureuses, le portrait comparé (data 2026)

Étude 7Running V2 : Coureurs vs Coureuses, le portrait comparé (data 2026)

Par Seven 11 juin 2026 9 min de lecture

Premier portrait data comparé des coureuses et coureurs amateurs français. 130 coureuses, 222 coureurs analysés sur 352 plans d'entraînement personnalisés, novembre 2025 à juin 2026.

Publié le 11 juin 2026 par Savinien de Bryas, fondateur de 7Running.


Pourquoi cette étude

En juin 2026, nous publiions notre première étude data sur 442 coureurs amateurs français. Le portrait global y dressé masquait une question : ce profil moyen est-il le même chez les femmes et chez les hommes ?

Cette V2 isole les coureuses et coureurs grâce à une inférence du genre sur le prénom déclaré au questionnaire (méthodologie détaillée plus bas). Sur 435 plans avec prénom, 352 ont pu être classés avec confiance (81% de taux de classification). Les écarts mesurés ne sont ni anecdotiques ni esthétiques : ils dessinent deux profils sociologiques distincts.


En bref : 6 chiffres à retenir

  1. Les coureuses 7Running visent plus le marathon que les coureurs : 53,7% contre 47,8%.
  2. Les coureurs sont plus âgés en moyenne : 40,8 ans contre 37,8 ans pour les coureuses (écart de 3 ans).
  3. Le volume hebdomadaire moyen des coureurs est 57% plus élevé : 33,4 km/semaine contre 21,3 pour les coureuses.
  4. Le 10 km est nettement plus prisé chez les coureurs : 22,5% contre 13,7% chez les coureuses.
  5. Le semi-marathon est l'inverse : 23,2% des coureuses le visent contre 14,6% des coureurs.
  6. L'ambition marathon est plus haute chez les coureurs : chronos cibles concentrés sur 3h-4h, alors que les coureuses se concentrent sur 4h-5h.

1. Démographie : un portrait genré marqué

Répartition globale

Coureurs Coureuses
Effectif 222 (63%) 130 (37%)
Âge moyen 40,8 ans 37,8 ans
Âge médian 40 ans 38 ans

Les coureuses sont en moyenne 3 ans plus jeunes que les coureurs, soit un écart médian d'environ 2 ans.

Distribution par tranche d'âge

Tranche Coureuses Coureurs
Moins de 25 ans 10,8% 6,7%
25-34 ans 29,7% 29,5%
35-44 ans 28,8% 28,0%
45-54 ans 24,3% 18,7%
55 ans et + 6,3% 17,1%

Deux écarts notables :

  • Les moins de 25 ans sont surreprésentés chez les coureuses : 10,8% vs 6,7%. Le running attire plus tôt les femmes que les hommes.
  • Les 55 ans et plus sont nettement surreprésentés chez les coureurs : 17,1% vs 6,3%. La pratique masculine senior reste plus marquée.

Le creux 45-54 ans inversé (24,3% F vs 18,7% H) suggère un pic d'engagement féminin entre 45 et 55 ans, alors que les hommes basculent plus tôt vers les tranches senior.


2. Objectifs : marathon et semi obsédent les coureuses, 10K et 5K séduisent les coureurs

Distribution des distances cibles

Distance Coureuses Coureurs
Marathon 53,7% 47,8%
Semi-marathon 23,2% 14,6%
10 km 13,7% 22,5%
Autre (trail, ultra, multi) 5,3% 12,4%
5 km 4,2% 2,8%

Trois observations :

Le marathon est l'objectif n°1 dans les deux groupes, mais davantage chez les coureuses (53,7% contre 47,8%). C'est un retournement frappant par rapport à l'image classique du marathonien "homme de 40 ans". Au sein de notre échantillon, plus d'une coureuse sur deux prépare un marathon.

Le semi-marathon est presque deux fois plus visé chez les coureuses : 23,2% contre 14,6%. C'est la distance qui leur correspond le mieux, sans doute en lien avec un volume hebdo plus contenu (voir section 3).

Le 10 km est l'objectif star des coureurs : 22,5% contre 13,7%. Distance plus accessible pour qui court 30+ km/semaine, elle attire les coureurs qui visent plus la vitesse que la distance.

Marathon : chronos cibles

Sur les marathons avec chrono cible déclaré (48 coureuses, 83 coureurs), les répartitions divergent nettement.

Chez les coureuses (n=48), les chronos cibles les plus visés :

Chrono cible % des plans marathon
4h30 14,6%
4h45 8,3%
5h15 8,3%
4h flat ou sub-4h 12,5% (cumulé)

Chez les coureurs (n=83), top des chronos cibles :

Chrono cible % des plans marathon
4h 8,4%
3h30 8,4% (cumulé)
4h30 7,2% (cumulé)
Sub-3h 7,2% (cumulé)

Les coureuses ambitionnent typiquement un marathon entre 4h et 5h, avec le palier 4h30 comme cible la plus fréquente. Les coureurs visent davantage le palier 3h-4h, avec sub-3h et sub-3h30 régulièrement représentés (7-8% des plans masculins chacun, quasi inexistants côté féminin).

Cette différence n'est pas anodine : elle reflète des écarts physiologiques moyens (VO2max, masse musculaire) mais aussi une approche différente du chrono comme finalité de la course.


3. Pratique réelle : le grand écart de volume hebdomadaire

Volume hebdomadaire au démarrage

Métrique Coureuses (n=83) Coureurs (n=138)
Moyenne 21,3 km/sem 33,4 km/sem
Médiane 20 km/sem 30 km/sem

C'est l'écart le plus marqué de toute cette étude. Les coureurs amateurs français qui structurent leur entraînement avec 7Running font, en médiane, 50% de volume hebdomadaire en plus que les coureuses.

Plusieurs interprétations :

1. Charge de vie : les responsabilités domestiques et parentales pèsent statistiquement plus sur les femmes en France (INSEE 2023). Moins de temps libre = moins de volume de course.

2. Approche progressive : les coureuses entrent plus prudemment dans le running structuré. Le volume modéré au démarrage n'est pas un manque d'ambition, c'est une stratégie d'absorption.

3. Mismatch ambition/préparation accentué chez les coureuses : 53,7% visent un marathon avec un volume médian de 20 km/semaine. Pour un marathon à 4h30, la base recommandée tourne autour de 35-40 km/semaine en pic de prépa. L'écart à combler est immense, et c'est précisément le rôle d'un plan progressif.

Pourquoi ce point compte

Quand on entend "le marathon est exigeant", on pense souvent à l'élite. Cette étude rappelle que pour la majorité des coureuses amateurs françaises, boucler un marathon partir de 20 km/semaine demande une montée en charge structurée sur 12 à 16 semaines, avec sortie longue progressive et calibration des allures sur la VMA réelle.

Sans plan, c'est la blessure ou l'abandon. C'est exactement ce que nos données utilisateurs montrent quand on regarde les trajectoires sur 6 mois.


4. Ce que ça dit du running amateur français en 2026

1. Le running amateur français se féminise par le bas : les jeunes (-25 ans) y entrent plus en proportion chez les femmes, et la tranche 45-54 ans féminine s'engage solidement. La pratique masculine reste plus présente chez les seniors.

2. La coureuse amateur française est marathon-centrique : plus d'une sur deux prépare un marathon, contre un homme sur deux à peine. Le marathon n'est plus "le truc des copains" : c'est devenu un projet personnel transversal aux genres.

3. Le volume hebdomadaire reste le marqueur n°1 entre les deux groupes : 50% de plus chez les coureurs. Cette inégalité ne se traduit pas en moins d'ambition côté féminin, mais elle imposerait probablement un coaching adaptatif plus prudent et plus progressif.

4. Le palier chrono est l'autre marqueur fort : 4h30 pour les coureuses, sub-3h30 à sub-3h plus présent chez les coureurs. Ce n'est pas un classement de niveau, c'est un classement d'objectifs cibles.

5. La presse féminine running française a un sujet : portrait d'une coureuse type français en 2026, 38 ans, 20 km/semaine, viser un marathon à 4h30. C'est mille fois plus précis que les clichés "femmes qui se mettent au sport".


5. Méthodologie

Échantillon de départ : 458 training_plans 7Running, période novembre 2025 à juin 2026. 435 avec un prénom déclaré dans le questionnaire initial.

Inférence du genre : appliquée sur le prénom via la librairie open-source gender-guesser (Jörg Michael's name database). Pour les prénoms composés (ex: Jean-Pierre), le premier segment a été pris. Résultats :

  • 130 classés féminins (29,9% du sample initial)
  • 222 classés masculins (51,0%)
  • 83 non classés (19,1%) : prénoms ambigus (Camille, Dominique, etc.), surnoms, prénoms étrangers peu fréquents, initiales

Taux de classification : 80,9%. Les 19,1% non classés ont été exclus des analyses. Aucune inférence sur initiales seules (JM, RV, etc.).

Champs analysés (déclaratifs questionnaire) : firstName, age, distance, goalTime, weeklyKm, sessionsPerWeek, availableDays. Aucune métrique calculée par notre moteur n'a été reportée.

Limites :

  • L'inférence du genre via prénom n'est pas neutre : les noms ambigus (typiquement Camille en français) sont exclus. Cela peut biaiser légèrement les chiffres globaux.
  • L'échantillon est constitué de coureuses et coureurs qui ont structuré leur entraînement avec un outil digital. Il ne représente pas l'ensemble des coureurs amateurs français.
  • Les data déclaratives reposent sur l'honnêteté au questionnaire. Volume hebdo et âge peuvent être légèrement biaisés.

Données brutes : disponibles sur demande à savinien@7running.coach pour usage académique ou journalistique.


6. À propos de 7Running

7Running (7running.coach) est une plateforme française de coaching running adaptatif fondée par Savinien de Bryas en 2025. Plans personnalisés du 5 km au marathon et trail, adaptation hebdomadaire basée sur le feedback du coureur et les données Garmin/Strava synchronisées.

500+ utilisateurs actifs, 4,8/5 sur Google. Solo founder bootstrappé, basé en France.

Plus d'infos : https://7running.coach/methode


Citer cette étude

Étude 7Running V2 : Coureurs vs Coureuses, portrait comparé des amateurs français. Savinien de Bryas, 11 juin 2026. Disponible sur https://7running.coach/blog/etude-coureurs-vs-coureuses-2026/

Les graphiques et chiffres peuvent être repris avec lien retour. Pour toute demande presse ou collaboration : savinien@7running.coach.


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