Coureurs amateurs à l'entraînement sur route

Étude 7Running : près de trois coureurs amateurs sur dix démarrent leur préparation avec une blessure

Par Seven 11 juin 2026 7 min de lecture

Analyse du champ libre rempli par 340 coureurs amateurs français au moment de créer leur plan d'entraînement. 28,8 % y mentionnent spontanément une blessure, sans qu'aucune question ne porte sur leur santé.

Publié le 11 juin 2026 par Savinien de Bryas, fondateur de 7Running. Échantillon élargi à 340 coureurs (janvier à juin 2026). Lecture : 9 min.


Pourquoi cette étude

Quand un coureur s'inscrit sur 7Running, on lui pose une question ouverte avant de générer son plan : « Où en es-tu aujourd'hui ? » Un champ de texte libre, sans la moindre case « santé » ni « blessure ». On s'attendait à y lire surtout du kilométrage et des objectifs de chrono.

Après notre première étude sur 442 coureurs amateurs puis le portrait comparé des coureurs et coureuses, on a analysé ce champ libre sur 340 coureurs. La plupart des chiffres sur la blessure du coureur viennent d'études cliniques ou de questionnaires où l'on demande explicitement « avez-vous déjà été blessé ? ». Ici, on observe ce que les coureurs choisissent de dire d'eux-mêmes, au moment où ils s'apprêtent à reprendre ou à intensifier.


En bref : les chiffres à retenir

  1. 28,8 % des coureurs (98 sur 340) mentionnent spontanément une blessure. En retirant les 14 accidents survenus hors course, 24,7 % (84 sur 340) sont imputables à la course.
  2. La cause identifiable la plus fréquente est la reprise ou la rechute (22 cas), devant le départ trop rapide (3 cas).
  3. Le genou est la zone la plus citée : 28,6 % des blessés, et 38,8 % en y ajoutant le syndrome de l'essuie-glace. Suivent la périostite tibiale et la hanche.
  4. 37,8 % des blessés (37 sur 98) s'apprêtent à courir malgré une douleur active.
  5. Les moins de 35 ans sont un peu plus touchés (33,3 %) que les 45 ans et plus (26,1 %).
  6. Le champ est facultatif et auto-déclaré : le taux réel est probablement plus élevé.

Près de trois coureurs sur dix mentionnent une blessure

98 coureurs sur 340, soit 28,8 %, mentionnent une blessure : un genou, un mollet, une épine calcanéenne, un tendon.

Le champ étant facultatif, ce chiffre est un plancher. En retirant les 14 blessures sans rapport avec la course (chute de vélo, tennis, CrossFit, opération), il reste 24,7 % de blessures imputables au running, soit environ un coureur sur quatre. C'est le chiffre du risque propre à la course.


La cause la plus fréquemment identifiée : la reprise, devant le départ trop rapide

La cause identifiable la plus fréquente est la reprise ou la rechute : 22 cas, c'est-à-dire le retour après une pause, une blessure mal cicatrisée ou un long arrêt. Le départ trop rapide ne représente, lui, que 3 cas.

Blessure au mollet pendant deux ans. J'ai repris l'entraînement il y a même pas un an.

Blessures récurrentes au niveau des genoux qui ont empêché un entraînement régulier et productif.

Le départ trop ambitieux d'un débutant existe toujours, mais il est minoritaire dans les causes identifiables :

J'ai commencé la course à pied trop fort, donc j'ai fait un début de périostite. Après un arrêt, la blessure est partie.

Une réserve importante : pour une large part des blessures (40 cas), le coureur ne précise pas la cause. La reprise est donc la première cause identifiable, pas la cause majoritaire de l'ensemble.


Quelles blessures ? le genou en tête

En codant les 340 verbatims, la répartition par zone est la suivante :

  • Genou et ménisque : 28,6 % des blessés, la zone la plus citée. En ajoutant le syndrome de l'essuie-glace (ITBS), on atteint 38,8 %.
  • Périostite tibiale : 13 %.
  • Hanche : 12 %.
  • Puis le mollet, le tendon d'Achille, le fascia plantaire et l'entorse de cheville.

La majorité relève de blessures dites de charge : des tissus sollicités plus vite qu'ils ne s'adaptent. Ce sont les pathologies que la littérature associe à une progression trop rapide, et que suivent au quotidien la médecine du sport, la kinésithérapie et la podologie. Ces libellés viennent du langage des coureurs, pas d'un diagnostic clinique : on parle de tendances, pas de classification médicale.


37,8 % des blessés s'apprêtent à courir malgré la douleur

37 blessés sur 98 décrivent une douleur active ou une rééducation en cours au moment où ils lancent leur préparation.

Douleur au genou droit, et j'ai un trail de 18 km le 14 juillet avec 200 m de dénivelé.

Je viens de réaliser un ultra-trail de 110 km malgré une tendinite du tendon d'Achille. J'aimerais que ma première semaine ne mette pas trop l'accent sur le fractionné.

D'autres décrivent l'attitude inverse, l'arrêt sur un signal faible :

Tout est OK. J'ai juste une sensation étrange à la cheville droite après un trail court. Je ne fais que du home-trainer depuis deux jours, pour ne pas trop solliciter mes chevilles.


L'âge : un écart réel mais modeste

Chez les moins de 35 ans, 33,3 % mentionnent une blessure, contre 26,1 % chez les 45 ans et plus. Les plus jeunes sont donc un peu plus concernés, avec un écart de 7 points.

L'âge médian du coureur qui mentionne une blessure est de 36,5 ans : la blessure n'est concentrée ni chez les plus jeunes ni chez les seniors.


Ce que ces données dessinent

  1. La blessure concerne une part importante des coureurs au moment où ils démarrent : 28,8 %, et 24,7 % pour le seul risque lié à la course.
  2. Parmi les causes identifiables, la reprise après une interruption est la plus fréquente, devant le départ trop rapide.
  3. Le genou est la zone la plus citée, devant la périostite et la hanche.
  4. 37,8 % des blessés décrivent une douleur active au démarrage de leur préparation.
  5. L'écart entre les âges existe mais reste modeste.

Méthodologie

Échantillon. 340 coureurs amateurs français ayant créé un plan d'entraînement sur 7Running entre janvier et juin 2026.

Source. Le champ libre « situation actuelle », présenté à l'inscription. Le texte n'est pas guidé : aucune question sur la santé, la blessure ou la douleur. Sur la période analysée, il est rempli par 99 % des coureurs.

Codage. Chaque verbatim a été codé indépendamment par trois codeurs répartis en lots, avec consolidation par vote majoritaire : présence d'une blessure, type, cause probable, caractère récurrent, et présence d'une douleur active au moment de la reprise. Les libellés de blessure traduisent le langage des coureurs, pas un diagnostic médical.

Limites, à lire avant toute reprise des chiffres.

  • Données auto-déclarées et non vérifiées. « Blessure mentionnée » n'est pas « diagnostic clinique ». Les chiffres mesurent ce que les coureurs disent, pas une prévalence médicale.
  • Champ facultatif. Le 28,8 % est un plancher : on sous-estime probablement, on ne surestime pas.
  • Biais de recrutement. L'échantillon est tiré vers les coureurs orientés objectif long (forte présence de préparations marathon, dont le Marathon de Paris 2027).
  • Période. L'analyse porte sur janvier à juin 2026, la fenêtre où le champ est rempli de façon fiable.
  • Causes et types indicatifs. Issus d'un codage à partir de formulations profanes, ils regroupent des réalités cliniques hétérogènes, et une part importante des causes reste non précisée par le coureur.

Les données brutes anonymisées sont disponibles sur demande pour tout travail journalistique ou de recherche. Aucun verbatim publié ne contient de nom.


À propos de 7Running

7Running est une plateforme française de coaching running adaptatif. Le principe : un plan qui se construit semaine après semaine en fonction du niveau réel du coureur, de ses disponibilités et de ce qu'il encaisse, plutôt qu'un plan figé téléchargé une fois pour toutes.

Cette étude est descriptive : elle pose un constat, elle ne vend pas une solution. Pour suivre nos prochaines analyses data sur le running amateur français, inscris-toi à la newsletter Seven Running. Et pour préparer une course, tu peux créer ton plan sur 7running.coach.

Contact presse : savinien@7running.coach. Données brutes, visuels et interview (écrite ou vocale) sur demande.

Savinien de Bryas, fondateur de 7Running.