Coureur seul sur un chemin

Bigorexie : quand la course devient une addiction

Par Seven — Fondateur de 7Running · Coureur, 10 km en 36'58'' 27 octobre 2026 4 min de lecture

La bigorexie, c'est la dépendance au sport : le besoin de s'entraîner devient si fort qu'on ne peut plus s'arrêter, même blessé ou épuisé. Ce n'est pas aimer courir beaucoup. C'est ne plus réussir à s'en passer. Voici comment la reconnaître, et vers qui se tourner.

Bigorexie, de quoi parle-t-on

Le mot vient de l'anglais « bigorexia », qui y désigne surtout la dysmorphie musculaire, l'obsession d'être plus musclé. En français, il s'emploie le plus souvent pour la dépendance à l'exercice physique, qu'on appelle aussi addiction au sport. Chez les coureurs, c'est de cette dépendance à l'entraînement qu'il s'agit.

Ce n'est pas un diagnostic officiel dans les classifications médicales. Les chercheurs la décrivent pourtant avec les mêmes repères que les autres addictions : une activité qui prend toute la place, et continue malgré ses conséquences.

Passion ou dépendance

Courir cinq ou six fois par semaine ne fait pas de toi un coureur dépendant. La différence ne tient pas au volume, mais à la relation que tu entretiens avec la course.

Une passion Une dépendance
Tu cours parce que tu en as envie Tu cours parce que tu ne peux pas faire autrement
Une séance manquée ne gâche pas ta journée Une séance manquée te rend irritable ou anxieux
Tu t'arrêtes quand tu es blessé Tu cours malgré la douleur ou la maladie
La course trouve sa place dans ta vie Ta vie s'organise autour de la course

Les signes qui doivent alerter

  • Tu as besoin de courir toujours plus pour ressentir le même bien-être.
  • Tu te sens irritable ou anxieux quand tu ne peux pas courir.
  • Tu cours malgré une blessure ou une maladie, ou contre l'avis d'un médecin.
  • La course empiète sur ta vie : ton travail, ta famille, tes amis passent après.
  • Tu n'arrives pas à réduire, même quand tu as décidé de le faire.

Si plusieurs de ces signes te parlent, ce n'est pas une faiblesse : c'est le moment d'en parler.

Les risques

Une dépendance au sport use le corps : blessures qui ne guérissent pas, fatigue qui s'installe, surentraînement. Elle peut aussi aller avec des troubles du comportement alimentaire, quand courir sert surtout à compenser ce qu'on mange. Et elle isole, quand la course prend la place de tout le reste.

Vers qui se tourner

  • Ton médecin traitant, pour faire le point et t'orienter.
  • Un psychologue, idéalement formé aux addictions ou au sport, pour comprendre ce que la course est venue combler.
  • Un professionnel de la nutrition, si l'alimentation est concernée.

Retrouver le plaisir de courir passe souvent par des repères simples : des jours de repos vraiment respectés, et un plan qui décide à ta place quand il faut lever le pied.

Questions fréquentes

C'est quoi la bigorexie ?

En français, le mot désigne le plus souvent la dépendance au sport : un besoin de s'entraîner si fort qu'on ne peut plus s'arrêter, même blessé ou épuisé.

Comment savoir si je suis accro au sport ?

Quelques signes doivent alerter, comme courir malgré une blessure, ou te sentir mal dès que tu ne peux pas courir. Si plusieurs te parlent, parles-en à un professionnel.

La bigorexie est-elle une maladie ?

Ce n'est pas un diagnostic officiel dans les classifications médicales, mais les chercheurs la décrivent avec les mêmes repères que les autres addictions, et elle peut avoir de vraies conséquences sur la santé.

Courir tous les jours, est-ce de la bigorexie ?

Pas forcément. La différence ne tient pas au volume, mais à la relation avec la course : courir par envie, ou par besoin, et s'arrêter ou non quand le corps le demande.

Comment se soigner de l'addiction au sport ?

En commençant par en parler à ton médecin, qui pourra t'orienter vers un psychologue formé aux addictions. Des repères simples aident aussi : des jours de repos respectés et des séances faciles.

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