Tendinite d'Achille running : traitement, repos et reprise progressive

Tendinite d'Achille running : traitement, repos et reprise progressive

Par Seven 10 février 2026 3 min de lecture

Tendinite d'Achille running : traitement, repos et reprise progressive

Le tendon d'Achille est le plus puissant du corps humain. À chaque foulée, il absorbe une force équivalente à 2-3 fois ton poids corporel. Quand il souffre, le moindre pas devient douloureux.

Voici comment comprendre, traiter et prévenir la tendinite d'Achille.

Qu'est-ce que la tendinopathie d'Achille ?

On parle souvent de "tendinite" (inflammation) mais la science actuelle préfère le terme tendinopathie — qui désigne une dégénérescence des fibres tendineuses plus qu'une inflammation pure.

Concrètement :

  • Douleur à la partie postérieure du talon ou du bas du mollet
  • Raideur matinale au réveil (les premiers pas sont les pires)
  • Douleur qui "chauffe" en début de sortie puis peut diminuer
  • Rechute possible si reprise trop précoce

Il existe deux types :

  • Tendinopathie médio-tendineuse : douleur au milieu du tendon (2-6 cm au-dessus du talon) — la plus courante
  • Tendinopathie insertionnelle : douleur à l'insertion sur le calcanéum (l'os du talon) — plus difficile à traiter

Les causes

  • Augmentation trop rapide du volume ou de l'intensité
  • Séances de fractionné ou de côtes mal dosées
  • Transition vers des chaussures minimalistes (drop faible) trop rapide
  • Manque de renforcement du mollet et du soléaire
  • Reprise après une pause sans progressivité

Le traitement : l'excentrique comme pilier

La grande découverte des 20 dernières années : le renforcement excentrique du mollet est le traitement le plus efficace pour les tendinopathies d'Achille.

L'exercice d'Alfredson (protocole validé scientifiquement) :

Exercice :

  1. Monte sur la pointe du pied avec les deux jambes
  2. Transfère le poids sur la jambe blessée uniquement
  3. Descends très lentement (4-5 secondes) en baissant le talon sous le niveau de la marche
  4. Remonte avec les deux jambes

3 séries de 15 répétitions, 2 fois par jour, 7 jours sur 7, pendant 12 semaines.

C'est long, c'est monotone, mais c'est ce qui fonctionne. Les études montrent 70-80 % de guérison avec ce protocole.

Note : une douleur légère à modérée pendant l'exercice est acceptable. Douleur sévère = arrêter.

Peut-on courir pendant le traitement ?

Ça dépend du stade :

Phase aiguë (douleur persistante après la course, raideur matinale intense) : → Arrêt de la course jusqu'à amélioration

Phase de récupération (douleur disparue au repos, légère en début d'effort) : → Reprise très progressive possible en parallèle de l'excentrique

Règle pratique : si la douleur pendant la course dépasse 3/10, c'est trop. Si elle reste ≤ 2/10 et disparaît après, tu peux continuer prudemment.

Alternatives pendant la convalescence

  • Vélo : bonne alternative si pas de douleur en pédalant
  • Natation : impact nul
  • Aqua-jogging (courir dans l'eau avec une ceinture de flottaison) : maintient la condition cardiovasculaire

La reprise progressive

Après résolution des symptômes :

  • Semaine 1 : 15-20 min 3×/semaine, rythme très lent
  • Semaine 2-3 : 25-30 min, progression si douleur nulle
  • Semaine 4+ : retour progressif à l'entraînement habituel

Évite les côtes, les sprints et les séances de fractionné pendant 6-8 semaines après la reprise.

Prévention

  • Renforcement des mollets année entière (3×15 montées de pointe, 3×/semaine)
  • Augmentation graduelle du volume (règle des 10 %)
  • Chaussures avec drop de 8-10 mm (évite le passage brutal vers drop 0)
  • Warm-up sérieux avant les séances intenses

En résumé

La tendinite d'Achille demande de la patience — souvent 8 à 12 semaines. Le renforcement excentrique (protocole Alfredson) est le traitement le plus efficace prouvé. Ne reprends pas trop tôt : une rechute prolonge considérablement la durée de récupération.