Article 7Running : préparer un semi-marathon

Préparer un semi-marathon : la méthode complète selon ton niveau

Par Seven 3 juin 2026 21 min de lecture

Préparer un semi-marathon : la méthode complète selon ton niveau

Le semi-marathon représente la distance idéale pour progresser en course à pied. Assez long pour imposer un vrai travail de fond, assez court pour permettre plusieurs pics de forme dans l'année, il mobilise toutes les qualités du coureur : endurance, résistance, gestion de l'effort. Que tu vises simplement à franchir la ligne ou à décrocher un chrono ambitieux, ta préparation doit s'adapter à ton profil. Voici la méthode complète pour construire ton plan d'entraînement semi-marathon.

Combien de temps pour préparer un semi-marathon selon ton point de départ

La durée de préparation dépend de trois facteurs : ton historique running, ton objectif et ton kilométrage hebdomadaire actuel.

Si tu débutes en running (moins de 6 mois de pratique régulière), commence par consolider une base d'endurance. Tu dois être capable de courir 45 minutes en aisance respiratoire avant d'attaquer une préparation spécifique semi. Prévois ensuite 10 à 12 semaines de plan structuré.

Si tu cours régulièrement depuis plus d'un an et que tu vises un chrono, table sur 12 à 16 semaines. Cette durée permet de construire progressivement le volume, d'intégrer les allures spécifiques et d'arriver affûté le jour J sans accumuler de fatigue chronique.

Si tu es confirmé (plusieurs semis au compteur, capacité à enchaîner 5 à 6 séances par semaine), une préparation de 16 semaines offre la marge nécessaire pour développer puissance aérobie et résistance lactique tout en gérant la récupération.

L'erreur classique : vouloir tout faire en 6 semaines. Le semi exige une adaptation progressive du système cardio-vasculaire et musculo-tendineux. Respecte les délais, ton corps te remerciera.

Les 4 piliers d'une prépa réussie

Une préparation semi efficace repose sur quatre fondations non négociables.

Le volume progressif. Ton kilométrage hebdomadaire doit augmenter graduellement, par paliers de 10% maximum. Cette progression permet aux tissus conjonctifs (tendons, ligaments) de s'adapter sans risque de blessure. Un débutant partira de 20-25 km/semaine pour atteindre 35-40 km en pic de charge. Un coureur intermédiaire évoluera de 40 à 60 km. Un confirmé pourra monter à 80-90 km.

Les allures structurées. Chaque séance a un objectif physiologique précis. L'endurance fondamentale (70-75% FCM) développe la capillarisation et l'utilisation des graisses. Le seuil lactique (85-90% FCM) améliore ta capacité à tenir un effort soutenu. Les intervalles longs (95-100% FCM) boostent ta VMA et ton économie de course. Ton coach 7Running dose ces allures selon ton profil.

La sortie longue hebdomadaire. C'est le pilier central de toute prépa semi. Elle conditionne ton endurance, habitue ton corps à puiser dans les réserves et renforce ton mental. Sa durée progresse de 1h à 1h45-2h selon ton niveau, avec des variations d'allure pour simuler les conditions de course.

La récupération planifiée. Les adaptations physiologiques se produisent pendant le repos, pas pendant l'effort. Intègre au minimum une journée de récupération complète par semaine, et prévois une semaine allégée toutes les 3 à 4 semaines pour assimiler la charge.

Profil débutant qui finit son premier semi : 10 à 12 semaines, 3 séances

Ton objectif : franchir les 21,1 km en contrôlant ton effort, sans marcher. Pas de chrono dans la tête, juste le plaisir de réussir ta première distance mythique.

Semaines 1 à 4 : construire la base

Trois séances hebdomadaires suffisent. Une sortie longue le week-end (1h à 1h15 progressivement), une séance d'endurance active en semaine (40-45 min), une séance incluant des variations d'allure (échauffement 15 min, 3 à 5 x 3 min un peu plus rapide avec 2 min de récupération, retour au calme 10 min).

L'allure de référence : celle où tu peux tenir une conversation sans être essoufflé. C'est ton endurance fondamentale, ta zone de confort physiologique.

Semaines 5 à 8 : monter en charge

La sortie longue atteint 1h30. Tu intègres une vraie séance de seuil : après échauffement, 2 x 12 min à allure semi visée (ou légèrement en dessous) avec 3 min de récupération. Cette allure "conversationnelle limite" te prépare aux sensations de course.

La troisième séance reste en endurance, avec possibilité d'ajouter 4 à 6 lignes droites de 100 m en fin de parcours pour travailler la foulée.

Semaines 9 à 10 : spécifique

Sortie longue de 1h40-1h45 avec 20 min à allure semi au milieu. Séance de seuil portée à 3 x 10 min. Endurance classique maintenue.

Ton volume hebdo culmine autour de 35-40 km.

Semaines 11-12 : affûtage

Réduction du volume de 30%, maintien de l'intensité sur des formats courts. Dernière sortie longue 10 jours avant, pas plus d'1h15. Dernière séance d'allure spécifique 6 jours avant (3 x 5 min à allure objectif).

Profil intermédiaire qui vise un chrono : 12 à 16 semaines, 4 séances

Tu as déjà couru un ou plusieurs semis, tu vises une progression chronométrique claire (passer sous 1h45, 1h40 ou 1h35 selon ton historique).

Semaines 1 à 6 : développement général

Quatre séances par semaine. Sortie longue progressive (1h15 à 1h45), une séance de VMA courte (exemple : 10 x 400 m à 100-105% VMA avec récupération égale), une séance de seuil (2 x 15 min à 85-88% FCM), une endurance fondamentale (50-60 min).

Volume hebdo : 45 à 55 km.

L'objectif de cette phase : élargir ton moteur aérobie et ta cylindrée. La VMA courte améliore ton économie de course, le seuil construit ta résistance.

Semaines 7 à 12 : bloc spécifique

La sortie longue intègre des blocs à allure semi (exemple : 1h30 avec 3 x 10 min à allure objectif). La séance de VMA évolue vers des intervalles longs (6 x 1000 m à 95-98% FCM avec 2 min de récup).

Apparition du seuil long : 30 à 40 min en continu à 87-90% FCM, l'allure qui fait vraiment la différence sur semi. C'est inconfortable, mais c'est exactement cette zone que tu sollicites en course.

La quatrième séance reste en endurance pour accumuler du volume sans fatigue excessive.

Volume hebdo en pic : 55 à 65 km.

Semaines 13 à 15 : affinage

Maintien du seuil long (35-40 min), sortie longue avec allure spécifique (1h20 avec 30 min à allure semi), VMA sur format moyen (5 x 2 min), endurance.

Semaine 16 : tapering

Volume divisé par deux. Trois séances légères avec rappels d'allure courts pour garder les sensations sans fatiguer.

Profil confirmé sub 1h30 : 16 semaines, 5 à 6 séances dont du double seuil

Ton objectif demande une vraie densité d'entraînement et une gestion fine de la charge. Passer sous 1h30 (4 min/km de moyenne) impose un seuil lactique élevé et une excellente économie de course.

Semaines 1 à 4 : reprise en charge

Cinq séances. Sortie longue (1h30-1h45), deux séances de seuil (une courte type 3 x 10 min, une plus longue type 2 x 20 min), une séance de VMA (12 x 400 m ou 6 x 800 m), une endurance (1h), une récupération active (40 min très lent).

Volume : 65 à 75 km.

Semaines 5 à 10 : développement de la puissance

Introduction du double seuil : deux séances incluant du travail au seuil dans la même semaine, avec un jour de repos entre elles. Exemple : mardi 40 min de seuil continu, jeudi 5 x 2000 m à allure semi avec 90 sec de récup.

La sortie longue monte à 2h avec des blocs à allure marathon ou semi.

VMA sur formats longs : 5 x 1500 m, 4 x 2000 m à 95-98% FCM.

Volume en pic : 80 à 90 km.

Semaines 11 à 14 : spécifique semi

Sortie longue de 2h avec 45 min à allure semi. Séance de seuil long portée à 50-60 min (ou 12-15 km en continu). VMA maintenue sur formats moyens. Endurance et récup actives.

Possibilité d'intégrer une sixième séance très légère (30 min footing) pour atteindre le volume sans ajouter de stress.

Semaines 15-16 : affûtage

Réduction progressive. Dernière grosse sortie 12 jours avant (1h30 avec allure). Dernière séance d'allure spécifique 8 jours avant (20 min de seuil). Dernière VMA courte 5 jours avant (6 x 400 m). Les trois derniers jours : repos ou footings très légers de 20-30 min.

Les séances qui font la différence sur semi

Trois formats d'entraînement ont un impact direct sur ta performance le jour J.

Le seuil long continu

30 à 60 minutes (selon niveau) à 87-90% FCM, l'allure à laquelle tu accumules du lactate sans le redescendre. C'est dur mentalement, monotone, mais c'est exactement ce que ton corps vit sur semi. Cette séance repousse ton point de bascule lactique et t'habitue à gérer l'inconfort.

Fréquence : une fois par semaine en phase spécifique, tous les 10 jours en phase de développement.

Les intervalles longs à allure semi

Format type : 3 à 5 x 2000-3000 m à ton allure objectif avec 90 sec à 2 min de récupération. Contrairement au seuil continu, ces intervalles permettent de s'entraîner pile à l'allure cible avec de micro-récupérations qui retardent l'accumulation de fatigue.

Ton coach 7Running dose ces séances selon ta progression et ton profil de récupération.

La sortie longue avec blocs à allure

1h30 à 2h incluant 20 à 45 min (selon niveau) à allure semi. Ce format simule les conditions réelles de course : tu attaques l'allure spécifique avec déjà des kilomètres dans les jambes, exactement comme le jour J.

Variante intéressante : la progression finale. 1h30 en endurance, puis 20 min en accélérant progressivement jusqu'à finir à allure semi. Excellent pour le mental et la gestion de fin de course.

La sortie longue spécifique semi : durée, allure, progression

La sortie longue constitue la colonne vertébrale de ta préparation. Mais attention, elle évolue selon la phase du plan.

Phase de développement général (semaines 1 à 6)

Durée : 1h15 à 1h45 selon niveau. Allure : endurance fondamentale (70-75% FCM), conversationnelle. Objectif : développer la capillarisation musculaire, habituer les structures à encaisser la durée.

Une fois toutes les trois semaines, intègre quelques accélérations progressives en fin de sortie (3 x 3 min en accélérant du rythme endurance au rythme seuil).

Phase spécifique (semaines 7 à 14)

Durée : 1h30 à 2h. Allure : endurance avec blocs à allure semi.

Progression type sur 8 semaines :

  • Semaine 1 : 1h30 avec 3 x 8 min à allure semi
  • Semaine 2 : 1h30 endurance pure
  • Semaine 3 : 1h35 avec 2 x 12 min à allure semi
  • Semaine 4 : 1h20 endurance (semaine de récupération)
  • Semaine 5 : 1h40 avec 20 min à allure semi
  • Semaine 6 : 1h45 endurance pure
  • Semaine 7 : 1h50 avec 30 min à allure semi
  • Semaine 8 : 1h30 avec 25 min à allure semi

Pour les confirmés visant des chronos ambitieux, la sortie longue peut atteindre 2h avec jusqu'à 45 min à allure semi. Mais jamais plus de 2h en prépa semi, le retour sur investissement diminue et le risque de blessure augmente.

Ravitaillement

Sur les sorties de plus de 1h30, emporte de l'eau (gourde ou ceinture d'hydratation). Teste tes gels ou barres lors des sorties avec blocs à allure pour habituer ton système digestif aux conditions de course.

Le bloc spécifique des 4 dernières semaines

Les quatre semaines précédant ton objectif constituent la phase la plus importante. Tu passes du développement général au travail ultra-ciblé sur les qualités spécifiques du semi.

Semaine -4 (pic de charge)

C'est ta semaine la plus lourde en volume et en intensité.

Exemple profil intermédiaire :

  • Sortie longue : 1h50 avec 35 min à allure semi
  • Seuil long : 40 min en continu
  • VMA : 5 x 1500 m
  • Endurance : 50 min

Volume : pic de ton plan (55-65 km pour intermédiaire, 80-90 km pour confirmé).

Semaine -3 (assimilation)

Légère réduction du volume (environ 85% de la semaine précédente), maintien de l'intensité sur formats plus courts.

Exemple :

  • Sortie longue : 1h30 avec 25 min à allure semi
  • Seuil : 3 x 10 min
  • VMA : 8 x 800 m
  • Endurance : 45 min

Semaine -2 (dernière stimulation)

Volume réduit de 30%, intensité maintenue sur petits formats.

Exemple :

  • Sortie longue : 1h15 avec 15 min à allure semi
  • Seuil : 20 min en continu
  • VMA : 6 x 400 m
  • Endurance : 40 min

C'est ta dernière vraie semaine de travail. Après, tu bascules en affûtage pur.

Semaine -1 (affûtage)

Voir section suivante.

L'erreur fréquente : vouloir en faire trop dans ces dernières semaines par peur de "perdre". À ce stade, tout est joué ou presque. Tu ne gagneras rien à forcer, mais tu peux tout perdre en accumulant de la fatigue résiduelle.

L'affûtage semi : 7 à 10 jours, comment doser

L'affûtage (ou tapering) vise à restaurer tes réserves énergétiques et ta fraîcheur neuromusculaire tout en maintenant tes adaptations physiologiques. C'est un équilibre délicat.

La règle des 50%

Réduis ton volume de moitié par rapport à ta semaine moyenne, mais maintiens des rappels d'intensité courts. Ton corps a besoin de sentir les allures sans accumuler de fatigue.

Planning type semaine -1

  • J-7 : endurance 40 min tranquille
  • J-6 : repos complet ou vélo/natation léger 30 min
  • J-5 : 30 min avec 3 x 5 min à allure semi (dernière stimulation)
  • J-4 : repos complet
  • J-3 : 25 min très léger + 4 lignes droites
  • J-2 : repos complet ou 20 min ultra-lent
  • J-1 : repos ou 15 min de décrassage avec 3 lignes droites

Sensations bizarres

Pendant l'affûtage, tu peux te sentir "lourd", "rouillé", sans jus. C'est normal. Ton corps assimile, tes glycogènes se rechargent (ce qui fixe de l'eau dans les muscles, d'où la sensation de jambes lourdes). Ne panique pas, ne rajoute pas une séance "pour voir". Fais confiance au processus.

Sommeil et nutrition

Privilégie 8h de sommeil par nuit. Augmente légèrement tes apports en glucides les trois derniers jours (féculents à chaque repas) sans te goinfrer. Hydrate-toi régulièrement.

Le jour J-1, repas classique à base de pâtes, riz ou quinoa, sans excès. Pas de test culinaire exotique. Ton estomac doit être ton allié, pas ton ennemi.

Nutrition et hydratation course semi (à boire ou pas, gels)

Le semi se situe dans une zone intermédiaire : trop long pour ne rien prendre, assez court pour que l'estomac ne soit pas un facteur limitant majeur.

Avant la course

Dernier repas 3h avant le départ. Glucides faciles à digérer (pain blanc, confiture, banane, compote), un peu de protéines (jambon, fromage blanc). Évite les fibres et les graisses qui ralentissent la digestion.

Hydratation : bois normalement jusqu'à 1h avant, puis quelques gorgées 15 min avant le départ. Ne pars pas vessie pleine, passe aux toilettes même si tu n'as pas vraiment envie.

Pendant la course

Sur semi, l'hydratation dépend de ton allure et des conditions.

Si tu cours en plus de 2h par temps chaud : prends de l'eau à chaque ravitaillement (2-3 gorgées suffisent). Ne saute jamais deux ravitos d'affilée.

Si tu cours entre 1h30 et 2h par temps modéré : un ravitaillement sur deux peut suffire. Écoute ta soif.

Si tu cours en moins de 1h30 : une prise d'eau à mi-parcours suffit généralement, voire rien du tout pour les plus rapides. L'objectif est de ne pas perdre plus de 2% de ton poids en eau.

Les gels énergétiques

Sur semi, ils ne sont pas indispensables pour la plupart des coureurs. Tes réserves de glycogène musculaire suffisent si tu es bien préparé et bien nourri avant.

Cas où ils peuvent aider :

  • Tu cours en plus de 2h et sens un coup de moins bien
  • Conditions très chaudes où la transpiration est importante
  • Tu as un estomac fragile et n'as pas pu manger suffisamment avant

Timing : un gel entre le km 10 et 15, toujours avec de l'eau. Teste-le absolument à l'entraînement avant, jamais de nouveauté le jour J.

Alternative : les morceaux de fruits aux ravitaillements (orange, banane) apportent sucres rapides et eau, parfois mieux tolérés que les gels.

Le jour J : pacing, gestion de l'allure, mental

Le semi se court avec la tête autant qu'avec les jambes. La gestion de l'effort décide de 80% de ta performance.

Les 5 premiers kilomètres : retiens-toi

L'erreur n°1 sur semi : partir trop vite sous l'effet de l'adrénaline. Les 5 premiers km doivent se courir 5 à 10 secondes par km en dessous de ton allure objectif. Tu te sens en sous-régime ? Parfait, c'est exactement ça.

Ton rythme cardiaque met 8 à 12 minutes à se stabiliser. Si tu attaques trop fort, tu vas dans le rouge avant même que ton corps ne soit à température.

Du km 5 au km 15 : trouve ton rythme

C'est ta zone de confort, celle où tu dois te caler sur ton allure objectif. Suis ton plan, ignore les autres coureurs qui accélèrent ou ralentissent. Concentre-toi sur tes sensations respiratoires, ton relâchement musculaire.

Check mental toutes les 5 minutes : est-ce que mes épaules sont relâchées ? Est-ce que ma respiration reste contrôlée ? Est-ce que mon allure est régulière ?

Si tu as un doute sur l'allure, regarde ta montre tous les kilomètres mais pas toutes les 100 mètres. Le semi se gagne à la régularité, pas aux micro-ajustements permanents.

Du km 15 à la fin : gère la difficulté

Entre le km 15 et 18, le semi commence vraiment. La fatigue musculaire monte, l'acide lactique s'accumule, ton cerveau commence à négocier ("tu peux ralentir un peu, c'est déjà bien").

C'est exactement le moment où ta préparation mentale compte. Décompose la fin de course en mini-objectifs : atteindre le prochain ravitaillement, le prochain virage, doubler ce coureur devant toi.

Technique efficace : le dialogue interne positif. Remplace "j'ai mal aux jambes" par "mes jambes travaillent bien". Remplace "encore 5 km, c'est long" par "plus que 5 km, j'ai fait le plus dur".

Le finish (dernier kilomètre)

Si tu as bien géré ton effort, tu dois pouvoir accélérer légèrement sur le dernier kilomètre. C'est le moment de tout donner, de relâcher les freins mentaux. Tu peux souffrir pendant 4 minutes, c'est acceptable.

Redresse-toi, augmente ta fréquence de foulée (pas l'amplitude), fixe la ligne d'arrivée et fonce.

Stratégie alternative : le negative split

Courir la seconde moitié plus vite que la première. Stratégie redoutable mais exigeante mentalement : tu passes les 10 premiers km en te retenant consciemment (10-15 sec/km sous objectif), puis tu accélères progressivement.

Réservé aux coureurs expérimentés qui maîtrisent parfaitement leurs sensations.

FAQ

Q: Combien de kilomètres par semaine faut-il courir pour préparer un semi-marathon ?

R: Ça dépend totalement de ton niveau et de ton objectif. Un débutant qui vise juste à finir peut très bien se préparer avec 25 à 35 km par semaine répartis sur 3 séances. Un coureur intermédiaire qui cherche un chrono devra monter à 45-65 km sur 4 séances. Les confirmés visant des temps ambitieux (sub 1h30) tournent plutôt à 70-90 km sur 5 à 6 séances. L'important n'est pas le chiffre brut mais la progression : augmente ton volume de 10% maximum par semaine, et intègre une semaine allégée toutes les 3 ou 4 semaines pour assimiler la charge. Ton coach 7Running calcule ce volume optimal en fonction de ton historique et de ta capacité de récupération.

Q: Faut-il courir 21 km à l'entraînement avant son semi ?

R: Non, ce n'est ni nécessaire ni recommandé. Ta sortie longue la plus importante doit atteindre environ 1h45 à 2h maximum, soit 16 à 20 km selon ton allure. Courir la distance complète à l'entraînement impose une fatigue musculaire et nerveuse importante qui nécessite 2 à 3 semaines de récupération, exactement ce que tu ne veux pas en préparation. Le semi en course, tu le termines grâce à l'affûtage, l'adrénaline et le travail spécifique accumulé. Garde cette distance pour le jour J, tes jambes te remercieront.

Q: Quelle est la différence entre courir au seuil et courir à allure semi ?

R: C'est subtil mais important. Le seuil lactique se situe généralement autour de 87-90% de ta FCM, c'est l'intensité où tu accumules du lactate de manière stable. Ton allure semi, elle, dépend de ton niveau : pour un coureur moyen, elle se situe effectivement proche du seuil (environ 88-92% FCM). Mais pour un débutant, l'allure semi sera plus basse (80-85% FCM), et pour un coureur très entraîné, elle peut monter à 92-95% FCM. En pratique, quand ton coach te programme du "seuil", c'est pour développer ta capacité physiologique. Quand il programme de "l'allure semi", c'est pour habituer ton corps aux sensations spécifiques de la course. Les deux se complètent.

Q: Combien de temps de récupération après un semi-marathon ?

R: Compte une semaine de repos complet ou très léger (marche, vélo pépère) juste après la course. Puis deux semaines de reprise progressive en endurance pure, sans aucune séance intensive. Soit trois semaines au total avant de reprendre un entraînement structuré normal. Si tu veux enchaîner sur un autre objectif, attends au minimum 6 semaines, idéalement 8 à 10 semaines. Le semi tape fort sur les fibres musculaires et le système nerveux, même si la récupération perçue est plus rapide qu'après un marathon. Respecte ce temps, ça te protège des blessures et ça garantit ta progression à long terme.

Q: Vaut-il mieux faire deux séances courtes ou une longue dans la semaine ?

R: Pour une préparation semi, privilégie une vraie sortie longue hebdomadaire plutôt que deux moyennes. La sortie longue (1h30 à 2h) déclenche des adaptations physiologiques spécifiques : augmentation du stock de glycogène, amélioration de l'utilisation des lipides, renforcement tendineux et ligamentaire. Deux sorties de 45 minutes ne produisent pas le même effet. En revanche, si tu as un emploi du temps compliqué le week-end, mieux vaut deux sorties de 1h que zéro sortie longue. Et pour les coureurs confirmés qui font 5-6 séances par semaine, ajouter une seconde sortie moyenne (1h à 1h15) en plus de la longue peut avoir du sens pour accumuler du volume.

Q: Peut-on préparer un semi en courant seulement 3 fois par semaine ?

R: Absolument, surtout si ton objectif est de finir ou de progresser modestement. Trois séances bien construites suffisent largement : une sortie longue progressive le week-end, une séance d'allure spécifique (seuil ou allure semi) en milieu de semaine, et une séance d'endurance active. Cette structure permet d'atteindre 30 à 45 km hebdomadaires, ce qui est suffisant pour un premier semi ou pour viser des chronos autour de 1h45-2h. L'avantage : tu récupères mieux entre les séances, tu limites le risque de blessure, et tu peux tenir ce rythme sur la durée sans griller ton capital motivation. Les coureurs qui travaillent, ont une famille ou d'autres contraintes réussissent très bien leur semi avec trois séances intelligemment placées.

Q: Comment savoir si on est prêt pour un semi-marathon ?

R: Quatre indicateurs concrets. Primo, tu dois être capable de courir 1h15 en endurance fondamentale sans t'arrêter ni souffrir outre mesure. Secundo, ton plan d'entraînement a été suivi à au moins 85% (quelques séances manquées c'est normal, mais si tu as raté une semaine sur deux, reporte ton objectif). Tertio, tu n'as aucune douleur tendinopathique ou articulaire qui traîne depuis plusieurs semaines. Quarto, lors de ta dernière sortie longue avec blocs à allure semi, tu as réussi à tenir l'allure prévue sans exploser. Si ces quatre critères sont validés, tu es prêt. Le reste relève de la confiance et de la gestion du jour J.

Q: Faut-il faire du renforcement musculaire pendant la prépa semi ?

R: Oui, deux séances courtes de 20-30 minutes par semaine apportent un vrai bénéfice, surtout pour prévenir les blessures. Focus sur les chaînes postérieures (fessiers, ischio-jambiers) et le gainage (lombaires, abdos, obliques). Exercices efficaces : squats, fentes, pont fessier, gainage planche, gainage latéral. Place ces séances après un footing léger ou un jour de repos, jamais après une grosse séance intensive. Et garde-les jusqu'à 10 jours avant la course, puis arrête pour arriver frais. Le renfo améliore ton économie de course, réduit les déséquilibres musculaires et protège tes tendons de la surcharge. Pas besoin de salle de sport, le poids du corps suffit largement pour une prépa semi.