Étirements running : lesquels faire avant et après une sortie
Étirements running : lesquels faire avant et après une sortie
Peu de sujets font autant débat chez les runners que les étirements. Avant ? Après ? Statiques ? Dynamiques ? Pas du tout ?
La recherche a beaucoup évolué ces 20 dernières années. Voici l'état actuel.
Avant la course : pas d'étirements statiques
C'est le point le plus contre-intuitif mais le mieux documenté : les étirements statiques avant une course réduisent la performance.
Les études montrent qu'un étirement statique prolongé (tenir une position 30-60 secondes) avant une séance :
- Réduit la force et la puissance musculaire de 4 à 8 %
- Diminue l'élasticité tendineuse (le ressort naturel de ta foulée)
- N'est pas associé à une réduction des blessures en échauffement
Ce que tu dois faire avant une sortie : l'échauffement dynamique.
L'échauffement dynamique (5-10 min avant)
Mouvements actifs qui élèvent la température musculaire, lubrifient les articulations, et activent le système nerveux :
- Marche rapide 3 min
- Montées de genoux : 2 × 20 m
- Talons-fesses : 2 × 20 m
- Fentes dynamiques : 10 par côté
- Cercles de hanches : 10 par sens
- Skippings légers : 2 × 20 m
Pour les séances à basse intensité (EF), 5 minutes de marche ou de jogging très lent suffisent.
Après la course : les étirements statiques ont leur place
Après l'effort, les étirements statiques peuvent être bénéfiques pour :
- Réduire la sensation de raideur musculaire
- Maintenir ou améliorer la flexibilité sur le long terme
- Favoriser le retour au calme
Ils ne réduisent pas les courbatures (DOMS), contrairement à la croyance populaire. Mais ils ne font pas de mal non plus — et améliorent la mobilité articulaire avec une pratique régulière.
Les étirements post-course recommandés (tenir 30-45 sec par côté)
Quadriceps (debout, talon vers la fesse)
Ischio-jambiers (assis jambe tendue, penche-toi vers le pied)
Mollets (mur devant soi, jambe tendue en arrière, talon au sol)
Psoas-iliaque (fente basse, bassin avancé vers l'avant)
Fessiers (allongé, jambe croisée sur l'autre genou, ramène vers toi)
Bandelette IT (debout, pied croisé derrière, penche-toi latéralement)
La flexibilité : mythe de la prévention des blessures
Une idée reçue persistante : "Être souple = moins de blessures."
La réalité est plus nuancée. Une flexibilité excessive peut même être contre-productive chez le runner : les tendons trop souples restituent moins bien l'énergie élastique (moins d'économie de course).
Ce qui prévient vraiment les blessures : renforcement musculaire (fessiers, ischio-jambiers, mollets) + progression graduée du volume. Pas les étirements seuls.
Le yoga et le stretching actif
Pour les runners qui veulent améliorer leur mobilité de façon systématique, le yoga (2×/semaine, 20-30 min) est un excellent complément. Il développe la flexibilité fonctionnelle et le travail de gainage.
Idéalement un soir de repos ou après une séance légère.
En résumé
- Avant : pas d'étirements statiques. Échauffement dynamique (montées de genoux, fentes, talons-fesses)
- Après : étirements statiques utiles pour la mobilité (pas pour prévenir les courbatures)
- Pour prévenir les blessures : renforcement musculaire > étirements